La Gazette a 20 ans ! Didier Thomas-Radux, ex-Semaine de Nîmes : “On se tirait vraiment la bourre” (3/4)

  La vie des médias

La Gazette de Nîmes fête ses 20 ans le 2 mai 2019. L’occasion pour le Club d’en parler avec ceux qui la font… et la lise !

Aujourd’hui Directeur du Pôle Edition Midi Libre (Midi Gourmand, Midi Tourisme), Didier Thomas-Radux a été rédacteur en chef de la Semaine de Nîmes (éditée de 1999 à 2005). Un titre, en son temps, lancé par Midi Libre pour contrer l’arrivée de la Gazette.

 

Que faisiez-vous à Nîmes en 1999 ?
J’avais déménagé de Cahors dans le Lot à Nîmes en novembre 1998, missionné par le groupe Midi Libre pour créer un hebdomadaire, La Semaine de Nîmes. Midi Libre m’avait embauché car j’avais déjà une expérience dans ce domaine puisque j’avais notamment créé et dirigé un hebdomadaire à Cahors. A l’époque, Midi Libre ne
savait faire que de la presse quotidienne.

Vous étiez au courant du projet de La Gazette ?
Avant mon arrivée je connaissais tellement bien la région que je pensais que Nîmes était à l’est de Marseille (rires) ! Mais bien sûr que Midi libre m’avait informé de la venue de La Gazette, qui était alors l’ennemi intime du groupe !

Votre mission c’était donc de contrer La Gazette ?
Moi je ne le voyais pas comme ça et c’était plus compliqué. C’était à la fois une « défense du territoire » mais aussi un laboratoire pour d’autres façons de faire du journalisme. Mais les deux hebdomadaires sont sortis à quelques jours d’intervalle en mars 1999. Et il était clair que nous avions l’ambition d’être l’hebdo qui se vende
le mieux. Nous avions l’un et l’autre des équipes jeunes et avec François Wiart qui dirigeait la rédaction de La Gazette, on avait quasiment le même âge : un peu plus de trente ans.

Ca a été le cas pour les ventes ?
Longtemps nous avons été au coude-à-coude. L’avantage pour les lecteurs, c’est qu’on se démenait pour faire du bon journalisme et trouver de bons sujets. Cela a créé une certaine émulation. Il n’y a pas si longtemps j’en ai reparlé avec Alain Plombat (alors directeur de la rédaction de Midi Libre et qui m’avait embauché) et lui-
même me disait que nous n’avions pas eu à rougir de ce que nous avons fait. On a fait du bon boulot, et La Gazette aussi.

L’entente était bonne ?
Ce n’est pas le mot. J’avais moyennement aimé le slogan – au demeurant pas mauvais – de la campagne de La Gazette : ‘Mèfi voilà les Nîmois’. Je trouvais que ça sous-entendait que les néo-nîmois n’avaient pas de légitimité pour faire de l’info. Après, on se ‘tirait vraiment la bourre’ et quelques fois ça tirait bas on va dire…

Et 20 ans après ?
Même aux moments les plus tendus, j’ai toujours eu de l’estime et du respect pour les compétences de François Wiart. Et je pense que c’est réciproque. Aujourd’hui, on se croise avec plaisir. Plus d’une fois dans des réunions à Midi Libre il m’est arrivé de prendre en exemple La Gazette, qui a souvent un bon sens de l’info. Je viens
même de participer à un ouvrage collectif Lexique amoureux de Montpellier* dirigé par Julie Décot, une ancienne rédactrice de La Gazette !

* Lexique amoureux de Montpellier, sous la direction de Julie Décot. Editions Cairn,
avril 2019. 2019

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