Franck Proust : « Je voterai en faveur de l’octroi d’un droit voisin pour les éditeurs de presse

  La vie des médias

Avant l’examen par le Parlement européen de certaines propositions contenues dans le projet de directive européenne liée au droit d’auteur, le Club de la presse et de la communication du Gard  a attiré, dans une lettre ouverte,  l’attention de Franck Proust (Député européen et Président de la délégation française du PPE)  sur ce dossier important pour  l’avenir de la presse. Voici sa réponse : 

« Vous avez bien voulu appeler mon attention, via le Club de la presse du Gard, sur le vote de la proposition de directive « droit d’auteur dans le marché unique numérique », et plus particulièrement sur son article 11, et je tenais à vous en remercier.
Comme vous le soulignez, ce vote, qui se tiendra une nouvelle fois lors de cette session plénière en septembre, après son rejet lors de celle de juillet, est d’une importance capitale. Soyez convaincu que vous pouvez compter sur mon soutien.
Mes collègues de la délégation française du groupe PPE et moi-même sommes particulièrement préoccupés par les agissements des firmes telles que Google qui compilent et utilisent vos articles sans vous reverser une quelconque rémunération. Avec ce mécanisme, la presse se meurt, et la tribune de l’un de vos collègues, Sammy KETZ, Grand Reporter à l’AFP, illustre parfaitement le risque que nous encourons tous à poursuivre le fonctionnement actuel. Il en va de la démocratie et de la qualité de l’information diffusée à nos concitoyens.
Aussi, je voterai en faveur de l’article 11 du rapport d’Axel Voss octroyant un droit voisin pour les éditeurs de presse car l’Europe est la seule à pouvoir faire plier des structures telles que Google News, là où l’Espagne et l’Allemagne ont, individuellement, échoué.
Je combats également fermement les arguments mensongers des « pro-GAFA » voulant nous faire croire que cette action rendrait internet payant. En effet, Facebook et Google ont réalisé à eux deux, en 2017, un bénéfice de 25 milliards d’euros. Il me semble indispensable qu’ils puissent rémunérer la presse à la hauteur du travail que vous réalisez, et qu’ils exploitent. Il en va de la liberté de la presse et de son pluralisme auxquels je suis farouchement attachés.
Vous réitérant tout mon soutien, et restant à votre disposition…. »

 

La lettre ouverte que le club a  adressé à Franck Proust, député européen:

« Monsieur le député européen,

Mercredi 12 septembre, il s’agit de ne pas vous tromper de bouton. Ce jour-là, votre assemblée examine un dossier de la plus haute importance tant pour la création que pour l’information. En tant qu’élu nîmois, le Club de la Presse et de la Communication du Gard tient à vous alerter sur l’importance de certaines propositions contenues dans le projet de directive européenne liée au droit d’auteur. Ces propositions doivent, dans la perspective d’un meilleur partage de valeur sur ce formidable outil d’accès à la culture qu’est Internet, permettre de renforcer la capacité des créateurs à être rémunérés par les plateformes numériques qui exploitent leurs œuvres (article 13 du projet de directive).

En outre, la création d’un droit voisin pour les éditeurs de presse, dont les contenus sont publiés en ligne, doit également permettre une rémunération négociée lors de la reproduction de leurs articles en ligne (article 11). Il ne s’agit pas de censurer Internet” comme le suggère l’association des plates-formes Edima, qui regroupe notamment Google, Facebook, Microsoft, Apple ou encore eBay, mais bien d’une défense d’un droit vital pour les médias et la diffusion d’une information de qualité. Dans un récente tribune, cosignée par 91 grands reporters européens, Sammy Ketz, chef du bureau de l’AFP à Bagdad, expliquait : “Les médias qui produisent les contenus et qui envoient leurs journalistes risquer leur vie pour assurer une information fiable, pluraliste et complète, pour un coût de plus en plus élevé ne sont pas ceux qui en tirent les bénéfices. Ce sont des plateformes qui se servent sans payer. C’est comme si vous travailliez mais qu’une tierce personne récoltait sans vergogne et à l’œil le fruit de votre travail. Si du point de vue moral c’est injustifiable, du point de vue de la démocratie ça l’est encore plus.” On ne saurait mieux dire.

C’est pour cela que nous, Club de la Presse et de la Communication du Gard, vous demandons, Monsieur le député européen, d’user de tout votre poids pour sauver le droit d’auteur.

 

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