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Consternation de la Scam : Nous sommes tous des José Chidlovsky PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Stéphane Joseph 5 octobre 2009   
La Scam est consternée d’apprendre qu’un de ses membres, le réalisateur José Chidlovsky, est convoqué par la Police pour avoir hébergé un sans-papiers et qu’il encourt à cet égard 5 ans de prison et 30.000 euros d’amende. Cet article du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile est une infamie pour la terre qui se vante d’avoir donné naissance à la déclaration universelle des droits de l’homme.
Seule la police peut demander ses papiers à quelqu’un. Si un citoyen, un réalisateur en l’occurrence, décide d’héberger une personne chez lui, il n’a pas à lui demander ses papiers. Nous sommes tous des José Chidlovsky, nous n’avons pas à entraver le travail de la police mais nous n’avons pas non plus à faire son travail. Demander aux citoyens de se comporter en policier rappelle de sombres pages de notre histoire.
Le 8 avril 2008, Eric Besson avait déclaré «Le délit de solidarité n’existe pas, c’est un mythe (…) Tous ceux qui aident de bonne foi un étranger en situation irrégulière doivent savoir qu'ils ne risquent rien.» Paroles, paroles… les citoyens restent vigilants et la Scam demande l’arrêt immédiat de la procédure à l’encontre de José Chidlovsky.
Information > Stéphane Joseph : 01 56 69 58 88 / 06 82 90 01 93  Communiqué du 5 octobre 2009

Une pétition pour soutenir José Chidlovsky a été lancée,   Soutien à José Chidlovsky


Peut-on encore aujourd’hui réaliser un documentaire sur des personnes privées de papiers ? Pour s’être immergé dans le sujet, le réalisateur José Chidlovsky (#) risque aujourd’hui d’être inculpé :
La société Zadig (°) , avec le soutien du Conseil Régional de Midi-Pyrénées, s’est investie dans la production de Journal de Sans Papiers, documentaire auquel travaillent depuis plusieurs mois les réalisateurs Rabeha El Bouhati et José Chidlovsky. Tourné dans les régions parisienne et toulousaine, ce film traite des conditions de vie de personnes privées de papiers, en témoignant de leur quotidien, de leurs peurs et de leurs espoirs par le biais de caméras qui leur ont été confiées.

L’un des protagonistes principaux de ce documentaire est une jeune femme d’origine algérienne : S.F. ; à l’anniversaire de ses 18 ans, elle a déposé en avril dernier une demande de titre de séjour en préfecture de Haute-Garonne. Elle a déclaré à cette occasion être hébergée au domicile de José Chidlovsky. Alors qu’elle attendait ardemment son passage à l’âge adulte comme une promesse d’émancipation, elle redoutait aussi, la date approchant, de devenir une “sans papiers” en âge d’être expulsée. C’est dans une crise de désespoir que les réalisateurs l’ont sauvée in extremis d’une tentative de suicide alors qu’elle enjambait la balustrade d’un balcon situé au 11è étage de sa tour.

Depuis ce jour, S.F. a vécu effectivement chez le réalisateur. À son dossier, étaient joints de nombreux témoignages attestant de sa parfaite intégration à la société française et de son profond désir d’émancipation. Une attestation de Zadig certifiait par ailleurs l’implication sincère et talentueuse de S.F. dans ce projet documentaire.

Quelques semaines après avoir déposé cette demande, S.F. recevait de la Préfecture une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF), exécutoire dans un délai d’un mois. Depuis, la jeune femme vit dans la peur et la clandestinité.

Courant août, deux policiers en civil de la Police Aux Frontières (PAF) se sont présentés au domicile toulousain de José Chidlovsky, afin de procéder à son interpellation, ainsi qu’à celle de S.F. N’ayant pas de réquisition, le réalisateur a refusé de leur ouvrir et ceux-ci sont repartis en lui signifiant oralement l’objet de leur visite, le menaçant de revenir l’embarquer prochainement, menottes au poignets.

Début septembre, José Chidlovsky apprend officiellement que la PAF souhaite l’interroger sur « les conditions de séjour en France de mademoiselle S.F. » Ayant confirmé la présence de S.F. à son domicile, il apprend faire l’objet d’une procédure judiciaire en qualité d’« aidant ».

Convoqué lundi 5 octobre, José Chidlovsky a été entendu pendant 2h30 à la PAF de Toulouse-Blagnac. L’infraction à été reconnue et le dossier transmis au Procureur de la République qui doit maintenant décider de son éventuelle inculpation. Si José Chidlovsky est inculpé, il encourt 5 ans de prison et 30 000 € d’amende, aux termes du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) Selon Monsieur Besson, seuls les réseaux de passeurs étaient visés par l’Article L 622-1 du Ceseda punissant “toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenter de facilité l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France.” Nous ne mettons pas en doute la bonne foi du ministre mais, si tel est le cas, pourquoi le réalisateur José Chidlovsky risque t-il une inculpation alors qu’il ne fait « que » tourner un documentaire ?

La réalisation d’un tel projet suppose une qualité de relation, un don de soi et une confiance réciproque, qui ne sauraient s’évaporer au seuil d’un domicile. Rabeha El Bouhati et José Chidlovsky auraient-ils dû laisser S.F. sombrer dans le désespoir, au propre comme au figuré ? Auraient-ils dû renoncer à leur responsabilité personnelle et professionnelle, en l’abandonnant à son sort ? Zadig production considère que non, que l’exercice de l’activité de documentariste se trouve mise en danger par cette procédure judiciaire engagée à l’encontre d’un réalisateur. Un film documentaire est en quelque sorte un lieu de rencontre et d’échanges entre son réalisateur et ses personnages, un lieu respectueux de l’autre, un lieu d’hospitalité réciproque, bref tout à la fois un lieu commun, singulier et pluriel, à l’image de la communauté humaine.

L’ensemble de notre profession est concernée par cette atteinte à la pratique d’un genre qui, à notre sens, se fourvoie lorsqu’il se passe d’humanité. Mais, au-delà, nous voyons planer dans cette procédure inédite entravant le libre exercice de notre activité, la menace de poursuites à venir à l’encontre de la libre parole artistique et journalistique. Aujourd’hui, plus qu’un réalisateur, ce sont les libertés de création et d’expression démocratique, qui semblent suspectes d’activité délictueuse et risquent d’être poursuivies.

Félicie Roblin, Paul Rozenberg, producteurs de Zadig Production (°).

(#) José Chidlovsky a été à l’initiative de la création de la société de production Les films à Lou au début des années 90. Il a produit et participé à la réalisation de l’émission littéraire “Qu’est-ce qu’elle dit Zazie ?”. Depuis la disparition des Films à Lou, victime du syndrome du Quichotte, il se consacre depuis exclusivement à la réalisation de documentaires.

(°) Zadig Productions a été désigné « meilleur producteur »de l’année par le jury du prix de la Procirep.


vous pouvez signer ici :    http://www.scam.fr/actua.php?action=voir&tree=Le%20calendrier&year=&month=&ArticleId=1877&calendar=moins
















Les Assises suivies par les étudiants du CUEJ   AIDJ
Le pigiste français est-il privilégié?
9 octobre 2009 par Le blog des assises du journalisme

A l’occasion des Asssises, la question de l’amélioration du statut des pigistes en Europe a été mise en lumière. Les situations difficiles des autres pigistes européens ont été exposées et ont fait débat. Le pigiste français est-il un privilégié par rapport à ses voisins européens?
A en croire la plupart des journalistes européens, le pigiste français est presque un modèle. Bien sûr, ils ne parlent pas en terme de compétences, ni de qualité, mais en terme de statut.  Ainsi, lorsque l’on écoute  Fabrizo Tonello, professeur de sciences politiques à l’Université de Padoue (Italie), on se dit que le pigiste français est plutôt bien loti: “les pigistes italiens ne sont pas des salariés, puisqu’ils sont payés par des droits d’auteur. En Italie, 30% des 20000 pigistes recensés déclarent moins de 650 euros par mois”, précise t-il. Selon lui, beaucoup de rédactions utilisent des étudiants en communication ou sortant des écoles de journalisme pour écrire des papiers payés entre 12 et 20 euros.
Les Belges, quant à eux, pointent du doigt un système défaillant, alimenté par un trop grand nombre de journalistes formés en école, qui laisse sur le carreau 9 élèves sur 10. Ainsi, en Belgique un journaliste sur deux est un pigiste. Nathalie Simonis, Secrétaire nationale de l’Association fédérale des journalistes professionnels de Belgique, distingue deux types de pigistes: “ D’un côté de vrais indépendants qui travaillent pour plusieurs médias et qui avec le temps écrivent pour un ou deux journaux, avant d’obtenir un contrat. Puis, il y a des pigistes que l’on appelle pour travailler. Ils ont à chaque fin de mois un contrat qui prend en compte leurs heures de travail et qui leur permet d’appartenir à un système de cotisation spéciale” explique t-elle.
Mais pour les pigistes belges, le problème est double. Il y a d’abord une concurrence qui s’installe entre les pigistes, qui sont prêts à réduire leur rémunération pour obtenir une pige. Revient alors la question de la rémunération. Contrairement aux pigistes français, les pigistes belges sont rémunérés par les droits d’auteur qui leur sont taxés à 15%. Le système de rémunération des pigistes par les droits d’auteur est depuis longtemps combattu par les textes français. Ainsi, la Loi Cressard datant de 1974, permet aux pigistes d’être payés en salaire et de bénéficier de cotisations sociales.
Derrière ces statiques et les textes de loi,  les galères de nombreux pigistes montrent la différence entre les faits et la réalité. Marie Massenet, pigiste dans l’Aveyron pour divers magazines régionaux (Friture, Atypique et France Agricole) et présente aux Assises internationales du journalisme, témoigne de la difficulté de vivre de ce métier: “Depuis, plus d’un an je me consacre à plein temps à mon métier de pigiste et mon salaire est inférieur au Smic.”  La plupart des jeunes pigistes français doivent faire face à la crise qui domine le secteur, car les journaux et magazines ont une santé financière précaire ou font faillite, ce qui freine un travail et une diffusion régulière.
Le constat qui ressort des Assises du journalisme montre qu’il faut encore informer et éduquer les pigistes sur leurs droits. La concurrence entre ces derniers favorise leur exploitation et permet de les payer moins cher. Pour Yann Kerveno, pigiste et fondateur du site Profession pigiste  “le seul moyen de sortir de la précarité est de fixer un salaire légal à la pige”.

Marc Mechenoua
http://aidj.owni.fr/2009/10/08/future-des-pigistes-en-europe/
 

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