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L'Etat seul actionnaire de l'AFP ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Mélanie Rostagnat Lundi 31 Août 2009 Ozap   
La réforme visant à modifier le statut de l'Agence France Presse connaît des avancées. Son Président, Pierre Louette, a annoncé récemment une « modification substantielle » de la loi de 1957 qui régit le fonctionnement de l'agence, et non pas son « abrogation totale ». Organisme autonome doté de la personnalité civile, l'AFP ne dispose pas, pour le moment, de capital ni d'actionnaire.

La réforme négociée entre l'agence, le Ministère de l'Economie et des Finances, le gouvernement et le Ministère de la Culture et de la Communication pourrait aboutir à la transformation de l'AFP en un établissement public industriel et commercial avec l'Etat comme unique actionnaire, par l'intermédiaire de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) ou l'Agence de Participations de l'Etat (APE).

Cette modification du statut de l'agence a provoqué des inquiétudes chez les salariés de l'AFP qui « voient d'un mauvais oeil que l'agence dépende directement et structurellement de l'État », rapporte le Figaro. Pour garantir l'indépendance de l'agence, le conseil d'administration qui la supervise devrait encore compter sur les représentants de la presse qui composent la majorité des membres.

Le projet de réforme mené par Pierre Louette pourrait passer devant le Conseil d'Etat mi-octobre, avant d'être présenté au Conseil des Ministres puis au Parlement au mois de décembre. Le PDG de l'AFP a annoncé que ce nouveau statut pourrait entrer en vigueur au printemps 2010.


pour mémoire

L'AFP s'estime "insultée" par les accusations de Libération

Publié par Mélanie Rostagnat  Lundi 10 Août 2009 sur Ozap

L'AFP aurait-elle soudain peur des pouvoirs ? Telle est la question posée par Laurent Joffrin dans une tribune de Libération vendredi. Qualifiant l'AFP d'"Agence France-Frousse", le directeur du quotidien mettait en cause la « pusillanimité », voire la « complaisance » de l'institution qui a préféré se fier à des démentis officiels plutôt qu'à des scoops révélés par Libération.

Laurent Joffrin citait trois exemples précis : les propos tenus par Nicolas Sarkozy à l'encontre de son homologue espagnol, l'ampleur des pertes subies par une filiale de la Société Générale et la polémique des bonus de la BNP. Il dénonçait ainsi le fait que « l'AFP a préféré par trois fois s'en tenir à la publication complaisante et immédiate, comme sur commande, des démentis officiels », sous-entendant ainsi que « la parole d'un attaché de communication d'une banque ou d'un gouvernement vaut infiniment plus, à ses yeux, que celle de journalistes professionnels travaillant pour un quotidien indépendant ».

Face à ces accusations, l'Agence de presse n'a pas tardé à répondre à Laurent Joffrin. Libération a accordé, dans son édition d'aujourd'hui, un droit de réponse à Philippe Massonnet, directeur de l'information, qui a qualifié d'« insultants » les propos tenus dans le quotidien. S'il avoue quelques dysfonctionnements dans le traitement de l'information par l'AFP (« Je ne prétends pas que l'AFP est toujours parfaite »), Philippe Massonnet trouve les attaques de Libération disproportionnées et rappelle que « pas plus hier qu'aujourd'hui, l'AFP n'a peur des pouvoirs, quels qu'ils soient et où qu'ils soient. Les milliers de journalistes de l'AFP ne sont pas des froussards ».
 

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